Cérémonies familiales



Cérémonies familiales

Pommier

Les cérémonies celtiques à l’intention des familles, présentées ici, ne confèrent pas de sacrements mais célèbrent, dans une ambiance propre à favoriser le partage d’une même émotion, les étapes importantes de l’existence. La pensée celtique moderne est l’expression d’une spiritualité libre, humaniste et non mystique.

Les explications qui suivent sont incomplètes et ne sont données qu’à titre d’exemples. Un rituel de cérémonie celtique n’est jamais figé. Chaque druide, artisan spécialiste dans la construction du rituel, reste maître de son contenu et du sens qu’il souhaite lui donner.

Fête celtique pour une naissance

Après la naissance, une fête familiale dite fête du nom « Gouel anw » ou fête de naissance « Gouel ganedigez » peut être célébrée. Le druide présente alors l’enfant au groupe familial et amical réuni pour la circonstance, en proclamant pour l’honneur des existences, le nom qui lui a été choisi par ses parents. Durant la cérémonie, l’enfant est mis au contact des éléments qui font désormais partie de son environnement naturel.

Gouel anw Anaële

Fête de naissance sur les rives de l’Aber Wrac’h

 

Explication du sens de la cérémonie

Dans sa pratique, le druide respecte la liberté de conscience et les croyances de chacun.

La Gouel anw, la fête du nom, n’est pas une cérémonie lustrale. L’enfant ne naît pas d’un acte détestable rappelant un quelconque péché originel. Cet acte naturel est le garant de la pérennité de l’espèce, chez tous les êtres carnés vivants. Chez les humains c’est un acte d’amour, une joyeuse fusion dans la communion des corps. L’enfant n’a donc aucunement besoin d’être purifié pour commencer son parcours de vie.

La cérémonie n’a pas vocation à inscrire le nouveau-né dans une religion particulière. Le druide, philosophe de la nature, pense que la spiritualité est intimement liée à la nature particulière de chaque être pensant et qu’il appartient à chacun de mener librement sa quête personnelle. Les Celtes ont toujours respecté les croyances différentes des leurs.

Le fait de donner un nom à l’enfant, de le proclamer devant l’assistance, affirme sa présence et son identité au sein de la société des humains. L’évocation du nom donne une forme de présence à son titulaire. Désormais, chaque fois que l’on prononcera ou écrira son nom, les contours de son image se dessineront, qu’il soit à proximité ou à l’opposé de la planète. Le nom est le son produit par l’action des forces mouvantes qui le constituent. Le nom et la forme sont l’essence et la substance de la manifestation individuelle. Chez les Celtes, le nom était étroitement lié à une fonction.

La cérémonie va permettre de mettre l’enfant en contact avec les éléments naturels dans lesquels il va évoluer. Ces éléments trouvent, sur un plan symbolique, un écho dans la constitution de chaque individu.

Nous ne pouvons préjuger du parcours futur de cet enfant. Quel que puisse être son comportement, il aura toujours sa place dans la société.

Les adultes portent la responsabilité de protéger l’enfant jusqu’à ce qu’il soit autonome. Il appartient à la famille d’inculquer à l’enfant, les règles de comportement en société : respect, honnêteté, entraide, sens civique etc…

Les fées, maîtresses de la magie, symbolisent les pouvoirs de l’esprit et les capacités sans limites de l’imagination. Assemblées par trois (allusion aux Matres), les fées tissent le fil des existences. Elles sont des expressions de la Terre Mère, héritières de la Déesse primordiale du Paléolithique, traduite par la triple déesse des Celtes dans l’idéologie tripartie indo-européenne. Comme la Déesse Mère du Paléolithique, elles sont parfois représentées sous la forme d’oiseaux, quand, de l’Autre Monde elles viennent visiter les humains.

Présentation des éléments

L’enfant est mis au contact de la terre. La terre et l’ensemble du vivant sont issus d’une même poussière d’étoile. La terre est le principal élément pourvoyeur de nourriture. Le druide recommande de la respecter et de lui prodiguer des soins attentifs.

L’enfant est mis au contact de la chaleur d’une flamme symbolisant le soleil. Le soleil est la source de la lumière, de la chaleur et de la vie. Le druide conseille de se protéger de ses rayons trop ardents.

L’enfant est mis au contact de l’eau. L’eau est source de vie, moyen de purification et centre de régénérescence. L’eau sale nauséabonde est porteuse de maladie et de mort. Le druide incite à user des bienfaits de l’eau avec discernement et d’en préserver la pureté.

L’enfant est mis au contact de l’air. L’air représente le monde subtil, intermédiaire entre le Ciel et la Terre. L’air est aussi le souffle de l’inspiration qui imprègne l’âme et que l’on nomme Awenn. Plus tard l’Awenn sera, pour l’adulte en devenir, l’inspiration qui guide l’œil pour voir la nature, permet au cœur de la sentir et donne à l’esprit l’audace de la suivre.

L’enfant reçoit sur ses lèvres une goutte d’un mélange de miel et d’eau de source. Le miel est un symbole de connaissance et de savoir sur la voie de la sagesse, but de toute quête spirituelle. Avec ce breuvage symbolisant l’hydromel, le druide indique que l’enfant aura, plus tard, à se préoccuper de sa propre quête spirituelle. Il recommande le plus grand respect pour la spiritualité des autres.

Vers la fin de la cérémonie, trois marraines, symbolisant les trois fées de la légende, chuchotent enfin leurs vœux à l’oreille de l’enfant.

Fête celtique pour un mariage

La cérémonie celtique se déroule en extérieur, associant le sacré de la vie des humains au sacré de la nature. La philosophie et la spiritualité que portent les cérémonies celtiques modernes, reposent sur le respect et la compréhension des humains entre eux, avec leurs différences.

Explication du sens de la cérémonie

Les Celtes pratiquaient le mariage à l’essai durant une période qui pouvait durer deux années, avant d’officialiser leur union. Cette ancienne coutume celtique, de simple bon sens, est en accord avec les usages modernes, pour des périodes souvent plus longues.

Dans la société celtique, le mariage est un contrat de vie en commun, par lequel deux personnes s’engagent, avec courage, dans un parcours exempt d’avarice et de jalousie.

Le couple est réuni pour fonder une famille et participer à la perpétuation du clan et, plus largement, de l’espèce des humains. Dans le couple moderne, l’attirance physique et sentimentale semble avoir pris le pas sur la fonction procréatique. De nos jours, le mariage druidique est l’occasion de célébrer le nouveau couple, entouré des deux familles et de leurs amis.

Aucun être humain ne peut prétendre être propriétaire d’un autre être humain ni avoir la maîtrise des sentiments de son conjoint tout au long de leur vie commune. Les époux s’engagent à vivre dans le respect l’un de l’autre, selon les valeurs humaines universelles. La passion amoureuse a rassemblé le couple, l’estime réciproque constitue un gage de solidité pour la vie en commun. La longévité du couple se mesurera souvent aux concessions mutuellement consenties.

Détails pratiques

La cérémonie se déroulant en plein air, il est important d’en informer le maire de la commune quand elle se déroule sur un espace public.

Un accompagnement musical peut contribuer à créer une ambiance qui participe à l’émotion (biniou, bombarde ou harpe).

Quelques mois avant la cérémonie, les détails de la cérémonie sont définis en commun entre les futurs époux et le druide officiant. Chaque cérémonie est différente, construite autour d’une trame philosophique et d’un symbolisme celtique.

La cérémonie

Le lieu est symboliquement purifié par la projection d’eau ou de sel dans les quatre directions. Un cercle est tracé autour des participants, à partir de l’Est, dans le sens des aiguilles d’une montre.

Les participants peuvent convoquer le souvenir des parents défunts à participer à la fête.

Le druide commence la cérémonie par une petite allocution dans laquelle il livre une vision philosophique et réaliste du couple contemporain. Il insiste sur les nécessaires concessions réciproques et le respect au sein du couple.

Des lectures de textes choisis ou de poèmes peuvent être faites par les témoins.

Dans le chaudron, placé au centre de la cérémonie, sont mis tour à tour les quatre éléments, terre, eau, air et feu. Ces éléments sont présents dans la nature intérieure de chacun et participent de l’œuvre initiatique individuelle. Le chaudron symbolise le creuset dans lequel s’effectue la fusion des deux individualités pour former le couple. Pain, chouchenn et pomme peuvent s’inscrire dans le rituel.

Les fiancés affirment que c’est librement qu’ils font l’un à l’autre leur demande d’union pour une vie en commun. Ils indiquent les garants celtiques traditionnels qu’ils ont choisis pour leur contrat : éléments, forces de la nature, astres.

L’union est ensuite proclamée « sous le soleil œil du jour » et « en vérité pour l’honneur de l’existence »

A la fin de la cérémonie, le cercle est tracé une nouvelle fois, toujours de la même façon, pour rendre le lieu à sa destination première.

Mariage pointe de Lost Marc'h

Mariage de Gwenc’lan le Scouëzec et Bernadette Le Huche par les druides de la Gorsedd de Bretagne

Cérémonie celtique pour des obsèques

Le nom attribué à la naissance affirmait une identité et une présence au sein de la société. Après le décès, l’évocation du nom perpétue une certaine forme de présence dans le souvenir. Personne ne meurt vraiment tant que son souvenir est présent dans la mémoire des vivants.

Explication du sens de la cérémonie

Les personnes qui ne se reconnaissent pas dans l’une des religions historiques reconnues souhaitent cependant mettre de la spiritualité et de la solennité dans une cérémonie particulière. Après un engouement pour les philosophies orientales, les européens redécouvrent aujourd’hui une pensée celtique et une spiritualité européenne non religieuse.

La cérémonie peut se dérouler dans l’espace funéraire avant l’inhumation ou la crémation. Après une crémation, une deuxième cérémonie peut procéder à la dispersion des cendres.

La cérémonie celtique des obsèques marque le commencement du travail de deuil pour la famille et les proches. Le défunt n’est plus là physiquement, mais il reste présent dans le souvenir. Le travail de deuil apprend à vivre différemment avec le défunt dont le souvenir se substitue à la présence physique. Le travail du deuil est accompli quand le sourire des bons moments passés en sa compagnie se substitue aux larmes du traumatisme que représente la perte d’un être cher.

Détails pratiques

La loi n°2008-1350 du 19/12/2008, art. 16 sur la dispersion dans la nature et la loi L2213- 23 du 2/01/1986 sur la dispersion en mer stipulent que :

– une déclaration doit être faite à la mairie de la commune du lieu de naissance du défunt avec précision de la date et du lieu de la dispersion (tenue du registre d’état civil).

– la dispersion ne doit pas se faire à moins de 300 mètres de la côte en respectant la réglementation maritime (cultures marines, chenaux etc.)

– une déclaration à la mairie du port de base du bateau utilisé pour la dispersion doit être effectuée.

La distance d’immersion d’une urne funéraire dégradable est portée à 6 milles nautiques.

Obsèques

Plusieurs symboles se rapportent à l’Autre Monde. La branche de pommier et la pomme sont des symboles de la spiritualité celtique en lien avec l’Autre Monde. Un rameau végétal qui reste vert en hiver est un symbole d’éternité comme l’if, le sapin ou le lierre.

Comme pour les autres cérémonies d’obsèques, le parcours de vie du défunt est décrit par un membre de la famille ou un proche.

En Bretagne, les obsèques celtiques marquent le départ de l’âme du défunt pour l’Anaon, la collectivité des âmes.

Les différentes étapes de la cérémonie sont ponctuées par une déambulation circulaire. Trois tours sont effectués autour du cercueil, dans le sens des aiguilles d’une montre. Au terme de chaque tour est prononcée la formule  Gwenn da ved …..  (Que ton monde soit blanc….) la couleur blanche étant synonyme de sacré.

Une chaîne d’union réunit la famille autour du cercueil pour un moment de recueillement, avant son départ vers le cimetière ou la crémation.

La cérémonie peut être accompagnée de musiques choisies par la famille.

Gwyon mab Wrac’h

contact : gwionmabwrach@orange.fr

Lien: www.gorsedd.fr